Mon enfant tape ou mord : que faire ?

Il existe des phases chez les enfants qui secouent un peu plus que d’autres. Celle où un enfant se met à taper, pincer ou mordre en fait partie. C’est impressionnant, parfois douloureux, souvent déroutant. Et pourtant… c’est extrêmement fréquent.

Non, votre enfant n’est pas « violent ».
Non, vous n’avez pas « raté quelque chose ».

Il traverse simplement une étape de développement où son corps parle plus vite que ses mots.


Pourquoi un enfant tape ou mord ?

 

Avant de corriger le geste, il est essentiel de comprendre ce qui se joue.

Une immaturité neurologique

Le cerveau des tout-petits n’est pas encore équipé pour gérer les émotions fortes. Le cortex préfrontal — celui qui régule, freine et réfléchit — est encore en construction. Quand la frustration monte, le corps réagit avant la pensée.

Un débordement émotionnel

Colère, excitation, peur, fatigue… Quand l’émotion déborde, votre enfant cherche une issue. Taper ou mordre devient une manière de dire :
« C’est trop pour moi. »

Une difficulté à verbaliser

Avant 3–4 ans, les mots manquent souvent. Alors l’enfant utilise ce qu’il a : son corps.

Une recherche de limites

Il teste, explore, vérifie :
« Jusqu’où puis-je aller ? »
« Qui me protège ? »
« Qu’est-ce qui est permis ou non ? »

Il est en plein apprentissage.

L’imitation

Un geste vu à la crèche, un copain qui mord, un dessin animé trop intense… Les enfants apprennent énormément par mimétisme.


Que faire sur le moment ?

 

L’objectif n’est pas de punir, mais d’accompagner.

Intervenir immédiatement, calmement

« Je ne te laisse pas taper. »
« Tu ne peux pas mordre, ça fait mal. »

Le message est clair, ferme et sans agressivité.
L’enfant a besoin d’un cadre sécurisant.


Protéger l’autre enfant

On sépare,on réconforte, on sécurise, sans cris ni humiliation.


Nommer l’émotion

« Tu es très en colère. »
« Tu es frustré. »
« Tu es très excité. »

Nommer apaise. L’enfant se sent compris.


Proposer une alternative

On ne supprime pas l’émotion, on lui offre un chemin acceptable :

  • taper dans un coussin

  • jeter des boules de chaussettes contre un mur

  • souffler fort

  • dire « stop »

  • demander de l’aide

  • serrer une balle anti-stress


Que faire après coup ?

 

Quand tout le monde est calmé, on peut revenir brièvement sur ce qui s’est passé.

Expliquer simplement

« Mordre fait mal. Je t’aide à trouver une autre façon. »


Réparer

Pas un pardon forcé, mais une réparation adaptée :

  • apporter un glaçon

  • proposer un dessin

  • vérifier si l’autre enfant va bien


Valoriser les progrès

« Tu m’as appelé au lieu de taper, bravo. »

Les renforcements positifs sont de puissants moteurs d’apprentissage.


Prévenir les situations à risque:

 

Observer les déclencheurs

Fatigue, faim, bruit, frustration répétée…
Un enfant qui tape est souvent un enfant en surcharge.


Anticiper

  • transitions douces

  • rituels sécurisants

  • explications simples avant les moments sensibles


Offrir des décharges motrices

Courir, grimper, sauter, danser…
Un corps qui bouge est un corps qui se régule.


Nourrir le langage émotionnel

Lire des livres sur les émotions, jouer à mimer, utiliser des cartes… 

Plus l’enfant a de mots, moins il a besoin de gestes.


Ce qu’il faut éviter:

 

  • crier

  • punir ou isoler (pas de coin ni de time out)

  • dire « tu es méchant »

  • forcer à faire un câlin

  • comparer avec d’autres enfants

  • minimiser (« ce n’est rien »)

  • dramatiser (« tu vas blesser quelqu’un »)

Ces réactions ajoutent de la honte ou de la peur, sans aider l’enfant à comprendre ce qui se passe en lui.


Quand s’inquiéter ?

 

La grande majorité des comportements agressifs disparaissent naturellement avec en grandissant(maturation du cerveau).

  • les morsures persistent après 4 ans

  • l’enfant semble incapable de se calmer

  • les comportements s’intensifient malgré un accompagnement cohérent

  • d’autres signaux apparaissent (isolement, régression, troubles du sommeil)

  • Je peux vous aider à y voir plus clair👉 Prendre RDV


En conclusion

Un enfant qui tape ou mord n’est pas un enfant « difficile ».
C’est un enfant qui communique avec les moyens dont il dispose.

Votre rôle n’est pas de corriger, mais d’accompagner : poser des limites claires, offrir des alternatives, sécuriser, nommer et guider.

Avec constance, empathie et patience, ces comportements diminuent… et la relation se renforce.